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Formation professionnelle des femmes : interrogations sur les cofinancements du Fonds social européen

publié le 04 février 2010

Le Fonds social européen (FSE) est-il bien utile à la formation professionnelle des femmes ? Avec près de 3 milliards d’euros affectés à cette cause par le fonds structurel pour la période 2000-2006, la question paraît légitime. Un rapport de la Cour des comptes européenne, publié le 26 janvier, y répond de manière peu élogieuse, après avoir audité les programmes menés ces six années en Ile-de-France et dans quatre autres régions européennes, notamment.
Première interrogation de l’institution basée au Luxembourg : "Les actions de formation professionnelle pour les femmes ont-elles été sélectionnées de manière appropriée ?" De fait, chaque Etat membre de l’Union européenne devait faire évaluer ses atouts, et ses faiblesses, en matière de compétences, afin de démontrer la cohérence de la stratégie de formation qu’il s’était choisie. Or la Cour des comptes européenne constate une "absence de lien clair entre les résultats des analyses et les objectifs de formation proposés". Par exemple, "en Lombardie, il n’y avait pas d’analyse spécifique des secteurs où les femmes étaient sous-représentées, alors que l’un des objectifs de la mesure consistait à réduire la ségrégation".
En outre, les projets de formation finalement sélectionnés sur le terrain "ne tenaient pas suffisamment compte des travaux d’analyse des marchés du travail ni des objectifs des programmes". La Cour rappelle notamment que "l’un des principaux objectifs des mesures était la promotion des femmes dans des secteurs où, historiquement , elles étaient sous-représentées. Malgré cela, pour trois des programmes audités, l’accent était toujours mis sur des secteurs employant traditionnellement des femmes, tels que la culture, la santé et le nettoyage".
La Cour des comptes européenne ne répond guère plus positivement à sa deuxième interrogation : "Les informations de suivi ont-elles permis d’évaluer si les actions de formation professionnelle pour les femmes ont atteint leurs objectifs ?" Si le rapport concède que cette évaluation comporte des difficultés, il regrette que les programmes n’aient pas toujours su établir des indicateurs simples pour rendre compte des résultats et de l’impact des formations - nombre de participants ayant trouvé un emploi, par exemple. Parmi les autres critiques de la Cour des comptes européenne figure aussi "des données de suivi peu fiables" : ainsi "en Écosse et en France, les personnes qui suivaient des cours pluriannuels étaient comptées plusieurs fois (par exemple, une fois par année de participation)".
Brouillons, les cofinancements du FSE ? Les réponses de la Commission européenne, publiées en fin de rapport, s’efforcent de relativiser point par point les observations de la Cour des comptes européenne. Quant aux régions qui gèrent une partie des subventions du FSE, elles se garderont sans doute d’entrer dans le débat…


Olivier Bonnin