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Emploi

Contrats aidés : Laurent Wauquiez demande aux grandes villes de faire un effort

publié le 21 octobre 2009

L'Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) organisait le 20 octobre 2009 un colloque sur "les stratégies territoriales de l'emploi et la crise". L'occasion pour les maires des grandes villes de réaffirmer leur volonté de prendre en charge la compétence emploi qui reste dans les mains du gouvernement. "La question de l'emploi n'est pas référée à une collectivité donnée dans la loi, cela crée une difficulté de gouvernance et de pilotage, on est dans une zone d'ombre, a ainsi expliqué Martine Lignières-Cassou, député-maire de Pau. On a une multitude d'acteurs et de dispositifs, mais ça ne fait pas une stratégie." La ville ou l'intercommunalité se retrouvent souvent à gérer ce domaine mais sans en avoir la pleine légitimité. Même opinion pour Michel Destot, président de l'AMGVF, pour qui "les politiques locales de l'emploi doivent correspondre à une compétence partagée". Le maire de Grenoble a également mis en garde le gouvernement. "Il ne faut pas que l'acte 3 de la décentralisation soit l'acte 1 de la recentralisation", a-t-il souligné. Mais sur ces questions, Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, qui a conclu la journée d'échanges, s'est voulu très clair. "La politique de l'emploi est une politique nationale, ce n'est pas une politique partagée, a-t-il ainsi affirmé. Le défi consiste à décliner cette politique nationale sur les territoires." Et de citer plusieurs exemples de déclinaison locale, comme le contrat de transition professionnelle (CTP), le fonds d'investissement social ou encore les contrats aidés, sur lequel le ministre attend des efforts de la part des grandes villes, qui sont les collectivités "qui ont le moins joué le jeu". "Il y a besoin de redresser la barre, a-t-il souligné à propos de ces contrats aidés. On a besoin que soit fait un effort."
Au-delà de ces discussions autour de la compétence emploi, la journée a été l'occasion de passer en revue les initiatives locales. Le programme Alizé a ainsi été présenté par Jean-Marie Bergère, délégué général d'Astrees (Association travail emploi Europe société). Un dispositif qui s'appuie sur les grandes entreprises pour soutenir le développement des PME. Expérimenté depuis deux ans sur une vingtaine de bassins d'emploi, le programme a permis de modifier les relations entre grandes et petites entreprises, et entre grandes entreprises et élus. "Habituellement, les entreprises se tournent vers les élus pour des demandes précises, ce ne sont pas des relations de travail, la confiance ne peut pas se créer, avec Alizé les relations sont différentes", a expliqué Jean-Marie Bergère, pointant l'importance de cette relation pour le développement de l'emploi. "C'est une erreur de vouloir diminuer ce lien entre entreprises et collectivités locales sur le plan fiscal", a pour sa part souligné Michel Destot, une allusion à la réforme en cours sur la taxe professionnelle. Répondant à la demande des collectivités, un amendement a été voté en commission des finances à l'Assemblée nationale, mardi, pour abaisser de 500.000 euros à 142.000 euros, le chiffre d'affaires des entreprises qui seraient assujetties à la nouvelle cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée amenée à remplacer la TP.

Emilie Zapalski