Martin Hirsch a tenu à exposer des cas concrets d'expérimentations pour la jeunesse lors de sa conférence de presse du 8 octobre, et c'est, entouré d'une douzaine de "porteurs de projets", qu'il a présenté quelques-uns des 169 programmes retenus dans le cadre du premier appel à projets. Collectivités territoriales, missions locales, associations… "la mobilisation est massive", a souligné le haut-commissaire à la Jeunesse, pour une pratique - l'expérimentation sociale - inhabituelle en France. 500 candidatures ont en effet été déposées et les dix jurys, "composés de personnalités qualifiés, d'acteurs de terrain et d'universitaires spécialisés dans l'évaluation des politiques publiques, ont retenu 165 projets (consultables sur le site génération active). Ceux-ci devaient répondre à quatre objectifs : réduire les sorties prématurées du système de formation initiale ; améliorer la transition entre formation et emploi ; prévenir les ruptures de parcours ; soutenir les initiatives et projets des jeunes. Si le caractère innovant du projet a été particulièrement étudié lors de l'examen des dossiers, la qualité de l'évaluation proposée était également un critère essentiel, "on n'expérimente pas du farfelu" a souligné Martin Hirsch. "Légitimé intellectuelle, pratiques de terrain et accord des parties prenants", trois principes sur lesquels s'appuient les programmes. Celui de lutte contre l'absentéisme de l'académie de Créteil "se fonde bien sur ces trois légitimités" a martelé le haut-commissaire, en réponse aux récentes polémiques autour de "la cagnotte contre l'absentéisme" (lire notre article ci-contre).
Quelques illustrations de projets portés en partenariat avec des collectivités. "Partaj" (plan d'accompagnement régional et territorial pour l'avenir des jeunes) et "Symser" (système mutualisé de suivi des élèves en région) sont deux projets complémentaires portés par le préfet de région, le président du conseil régional et le recteur de l'académie de Lille à l'échelle de la région Nord-Pas-de-Calais. Ils "contribuent à l'accompagnement des jeunes sortis dans diplôme ou sans solution du système éducatif vers l'insertion sociale et professionnelle". Le projet "Parcours vers l'emploi des jeunes sous main de justice", de la mission locale des Ulis (91), prévu de 2009 à 2011, concerne un groupe de 12 jeunes : "C'est au moyen d'un suivi très attentif des jeunes et d'un travail de sensibilisation auprès des entreprises d'accueil que le projet ambitionne d'assurer leur insertion dans l'emploi." 72 jeunes seront concernés à terme. "Parler Bambin" : c'est à la demande du centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Grenoble que l'équipe de chercheurs de Cogni-Sciences (laboratoire des sciences de l'éducation, université de Grenoble) a élaboré des stratégies pour "améliorer l'acquisition des compétences langagières des enfants de 18 à 30 mois, pour réduire les risques d'échec scolaire des enfants des familles populaires habitant des zones à forte densité de populations défavorisées et/ou précarisées". Dernier exemple de partenariat : "Sécuriser le parcours du jeune via une offre de logement innovante et engageante" de l'association "Le Temps pour toit", regroupe conseils généraux de Loire-Atlantique et Maine-et-Loire, ville de Nantes et Angers, CCAS, missions locales, centres de formations, Crous, centre régional information jeunesse, foyers de jeunes travailleurs, les écoles supérieures.
Le haut-commissariat à la Jeunesse a indiqué qu'un deuxième appel sera lancé à l'automne 2009 sur la base, notamment de propositions contenues dans le livre vert, qui concernent l'objectif "reconnaître la valeur de la jeunesse".
Catherine Ficat
